de Skorpio le 09 Oct 2007, 19:52
Trop de réel dans la télé-réalité
La première fois que j'ai vu l'émission Intervention, c'était en 2006 sur la chaîne A&E dans un hôtel glauque.
Ce soir-là , cela commence par l'histoire d'un jeune garçon, Troy, qui explique avec un naturel désarmant et un dédain absolu, son addiction aux cristaux de meth. Face à la caméra, Troy propose une démonstration détaillée : il sniffe son truc et se connecte sur Internet pour choper un plan cxx, parce qu'il est homo et que la Meth lui donne des envies de sexe.
Le reportage est entrecoupé par l'histoire de Sarina, une jeune fille qui, à l'âge de treize ans, fatiguée d'entendre qu'elle était grosse, était devenue boulimique. Et on la voit dans un Food Court en train d'ingurgiter des tonnes de soda, glaces, patates au four, puis dire : "ça y est, je suis pleine" et partir dans le garage familial avec un seau et une brosse à dent qu'elle s'enfonce au fond de la gorge pour expurger son estomac. L'émission se termine avec les deux ados et leurs familles, entrant l'un et l'autre dans un centre de réhabilitation.
Et bien, Intervention ne s'est pas arrêtée là . Elle est descendu encore plus bas.
Dans un épisode récent, raconte le New York Times, une alcoolique chronique, Pam, entreprend de conduire sa voiture après avoir descendu une bouteille de vodka. En voix off, un producteur de l'émission lui dit: "Vous avez trop bu, vous voulez qu'un gars de notre équipe conduise ?". Elle refuse et la caméra suit.
"Mais à quel moment les producteurs de ce type d'émission se doivent d'intervenir avant qu'un acte criminel n'arrive ?", questionne le New York Times.
"La loi aux Etats-Unis ne vous oblige pas à intervenir pour sauver quelqu'un", explique David Sterbnabch, conseiller pour A&E, "ni ne vous oblige à empêcher un acte criminel dont vous êtes témoin".
Avec deux millions de téléspectateurs, les soirs fastes, A&E ne veut pas liquider son émission-phare, ni l'édulcorer. Alors la surenchère s'impose.
Le créateur d'Intervention, Sam Mettler se justifie : "Ce serait leur vie de toute façon avec ou sans nous, qu'une caméra les filme ou pas", mais il juge que "moralement et d'un point de vue éthique, on ne peut pas laisser quelqu'un se blesser ou blesser quelqu'un d'autre". Non, sans blague ?
Il explique qu'il est déjà intervenu dans des cas où les sujets qu'ils suivaient avaient tenter de se suicider. Lui faut-il une médaille ?
Et pour se dédouaner de profiter de la misère des autres, à la fin de chaque émission, l'équipe d'Intervention les emmène dans des centres de réhabilitation ou de désintoxication.
Rha que c'est beau quand la télévision regarde quelqu'un se détruire pendant des semaines pour lui offrir une chance de sortir de son enfer...
fluctuanet d'après un article du N-Y times