Gérard et Cédric, les sympathiques père et fils niçois, ont remporté la troisième saison de Pékin Express, la route des Incas, dont la diffusion s'est achevée ce mercredi soir sur Plug RTL. Comme les 53 jours de course, la finale, disputée contre les soeurs lilloises Pauline et Aurélie, fut haletante.
Les "blondes" ont mené la course de bout en bout tandis que les bouillants père et fils perdaient régulièrement leur sang-froid et un temps précieux. Mais ce sont finalement eux qui ont remporté le jeu, sur le fil et malgré le manque de fair-play de leurs ultimes adversaires.
L'aventure est terminée depuis quelques mois déjà mais Gérard et Cédric s'en souviennent comme si c'était hier et en tout cas, avec le même bonheur.
Pourquoi avoir choisi de participer à Pékin Express?
Gérard: J'avais suivi les deux premières saisons et ça me plaisait bien. Ca mélangeait le voyage, le sport, les rencontres, tout ce que j'aime. Cédric ne connaissait pas, il a été voir sur le Net. J'aurais pu le faire avec quelqu'un d'autre, un copain ou quoi, mais je voulais vraiment faire ça avec lui. On a une relation forte.
Cédric: Quand mon père m'en a parlé, j'ai dit oui tout de suite. Je connaissais un peu mais je ne suivais pas les émissions. J'ai dit oui sans hésiter parce que je voulais vraiment faire ça avec lui.
Avant de partir, quelle était votre plus grosse appréhension?
Gérard: Etre éliminé au premier tour. Partir à Rio et en gros, être venu pour rien. J'avais promis à ma femme de gagner mais on ne peut pas prévoir évidemment: il y a un gros facteur chance, il faut être fort et puis il y a aussi la barrière de la langue. Donc c'est dur de dire qu'on va gagner.
Cédric: Pour moi, le plus dur, c'était de ne pas avoir de nouvelles de notre famille. Je pensais vraiment qu'on en aurait. Et puis, je croyais aussi qu'après les épreuves, on pourrait manger tranquille, aller dans un petit resto mais non. Une fois que la balise avait sonné, on ne pouvait plus utiliser notre argent. Et puis dormir dehors, ça ne m'était jamais arrivé avant. J'ai été servi.
Qu'est-ce qui vous a le plus étonné, qu'avez-vous appris l'un sur l'autre?
G: Cédric m'a étonné point de vue physique. Je le croyais plus fragile. Et puis, il se décrotte bien. Il est parti jeune de la maison, il sait vraiment se débrouiller tout seul.
C: J'ai appris que mon père était un très bon coach. Il a été mon entraîneur de football entre mes 8 et 13 ans. Et généralement, on n'aime pas trop quand notre père nous donne des conseils mais franchement, c'est un bon coach. Notre victoire, c'est 75% grâce à lui qu'on la doit.
Et sur vous?
G: J'ai plus confiance en moi. J'ai fait un truc énorme, quand même. Je suis moins rancunier, plus sensible aussi, j'ai la larme plus facile. Quand je vois un petit film romantique maintenant, je suis ému, avant pas.
C: J'ai appris le dépassement de soi. Avant, quand j'étais fatigué, je laissais tomber, je ne forçais pas. Là , j'ai dépassé mes limites. Je sais maintenant que tant que ce n'est pas fini, il y a toujours moyen de renverser la vapeur.
Pendant la diffusion, il se disait que Pauline et Aurélie avaient été privilégiées par la production. Vous en pensez quoi?
G: On ne peut pas vérifier. C'est une course et on ne se voit pas beaucoup. On n'a pas de preuve. Par exemple, dans le désert, on a fait trente kilomètres chacun et voilà , on ne se revoit qu'à la fin. Je ne sais pas. En tout cas, je leur tire mon chapeau à ces deux nanas, toutes frêles. Elles nous ont mené la vie dure, elles en voulaient.
C: Si je dis la vérité, je vais avoir une grosse amende de la production, mais je n'en pense pas moins.
Les autres équipes vous craignaient. Vous comprenez pourquoi?
C: Je n'ai pas compris cet acharnement. Je trouvais qu'on était des outsiders. On était fort sur les étapes physiques mais pour le stop, les autres étaient toujours devant nous.
S'il ne fallait retenir qu'une seule image...
G: Le désert de sel. On avait l'impression d'être sur la lune, surtout le soir, il n'y avait pas un bruit. Et puis l'arrivée au Pacifique, après des kilomètres. Cette dune qui plonge dans l'eau, c'était magnifique.
C: Oui, en demi-finale, le désert de sel. C'était fort symboliquement, parce que ça voulait dire qu'on avait traversé un continent. J'ai dit à mon père ce jour-là que je ne savais pas comment Christophe Colomb se sentait quand il a découvert l'Amérique, mais qu'on devait sûrement penser comme lui à ce moment.
Cédric, vous vous remettez de ne pas avoir vu le Machu Pichu?
C: Je préfère avoir gagné qu'avoir vu le Machu Pichu que l'inverse. Le Machu Pichu est toujours là , on pourra retourner le voir un jour.
Vous avez défendu les couleurs de la ville de Nice tout au long de l'aventure. Vous avez été accueillis comme des rois à votre retour?
G: On a été accueilli en héros. Les Niçois sont fiers de nous. Ils ont été touchés, ils ont vécu ça comme une compétition de football avec une finale Nice-Lille. Mais bon, on a la tête sur les épaules, on ne se prend pas la tête.
C: Le maire nous a reçus et il m'a donné l'aigle de cristal, c'est la récompense suprême de la ville de Nice. Mon père, il a reçu la médaille d'or et on lui a promis un emploi à la ville de Nice, mais ça il attend toujours, entre nous. Et puis, on a été invité à un déplacement de l'équipe de tennis de Nice. C'était un rêve pour moi, ça.
Comment avez-vous vécu la finale, à la télé?
G: On n'avait rien dit à personne. Moi j'étais à Nice, Cédric à Nantes. J'ai regardé ça avec des amis, ma femme. On a été dominé tout le long, et c'est seulement dans la dernière ligne droite qu'on a répondu présent. Tout le monde ce soir-là , pensait que c'était fini pour nous. Les gens ont pleuré quand notre victoire a été annoncée.
C: J'étais à Nantes, avec ma copine et 13 ou 14 amis. Ma copine pensait jusqu'à la fin qu'on avait perdu. Moi je ne voulais pas me montrer fier, je faisais semblant de déprimer jusqu'à la fin. Quand notre victoire a été annoncée, ils m'ont tous sauté dessus. Tout le monde était très ému.
Vous avez eu une grosse engueulade lors de la finale...
G: C'était la première fois à ce point. D'habitude, j'écrasais mais là , je ne pouvais pas laisser passer ça. Il y avait un jeu pour gagner un avantage, on savait qu'elles l'avaient gagné mais je voulais qu'on garde l'esprit sportif. Cédric restait les mains dans les poches, nonchalant. Ca m'a énervé.
C: Au départ, j'étais détendu, peut-être trop. Il y avait des jeux à faire avant la dernière ligne droite et ils ne m'intéressaient pas. Du coup, je traînais la patte. On partait ensuite avec six minutes de retard. Je me répétais que c'était mort et finalement, on a gagné. Quand on l'a su, ça a été l'explosion.
Vous trouvez que les images ont été fidèles à la réalité?
G: Oui. J'ai mal vécu parfois le fait que Cédric râlait trop sur moi, j'étais vexé mais dans l'ensemble, c'était ça.
C: On est toujours vexé quand on se voit râler. On est tous un peu caricaturé. Moi, j'étais le râleur et mon père, le mec sans aucune lacune. Mais pourtant, en demi-finale, c'est moi qui ai dû le motiver, je l'ai porté, et ça on ne l'a pas montré à la télévision. Mais bon, tant que nous, on le sait.
Vous avez gagné 46.000 euros. Qu'en avez-vous fait?
G: On a remboursé le crédit de l'appartement. J'aimerais repartir au Pérou pour remercier certaines personnes. C'était prévu normalement cet été mais les billets d'avion étaient très chers alors... Mais on repartira.
C: On a fait moitié-moitié. Moi je n'ai pas touché à un euro, j'ai tout placé. Je le garde pour acheter un appartement dans quelques années.
Quel conseils donneriez-vous aux gens qui aimeraient participer à Pékin Express?
C: Rester naturel au casting. Ce n'est pas peine de jouer un double jeu. La production sait très vite savoir si on ment ou pas.
Déborah Laurent - 26/11/08 22h30 - 7sur7

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